Le spectacle

« Je ne vais pas te raconter ton histoire , parce qu'on a assez entendu parler de toi.

Alice par ci, Alice par là... »

 

Alice... est une adaptation fidèle et non édulcorée des aventures « d'Alice au Pays des merveilles ».

Bestiaire, jeu de cartes et autres bizarreries, Alice est propulsée dans un monde absurde régi par une reine tyrannique.

 

Écrit en 1865, ce récit de Lewis Carroll reste étonnamment moderne et visionnaire. Poussant langage et logique à l'extrême, l'auteur n'a rien à envier à Eugène Ionesco ou Samuel Beckett.

 

« Confiture hier, confiture demain, mais jamais aujourd'hui.

- Pourtant, il faut bien qu'à un moment donné ça arrive aujourd'hui. Puisqu'aujourd'hui c'est le lendemain d'hier, demain devant aujourd'hui en tant qu'hier de demain, alors la confiture devient celle d'aujourd'hui au fur et à mesure que le temps passe.

- Impossible. Le règlement est formel : confiture tous les autres jours, mais jamais aujourd'hui. »

note d'intention

Lorsqu'on parle « d'Alice au Pays des Merveilles », la référence est connue de tous. Mais en relisant l'œuvre de Lewis Carroll, on se rend compte que les films et pièces tirés de celle-ci sont très elliptiques. Il est en effet très difficile de rendre la richesse de cette histoire fantasmagorique que l'auteur lui-même a maintes fois remaniée.

 

Si celle-ci s'adresse à l'origine à trois petites filles, les allusions et réflexions philosophiques, les détournements logiques et la critique d'un monde adulte totalitaire sont placés à un niveau différent de celui de l'enfant. En adaptant cette œuvre nous avons voulu y être le plus fidèle possible sans tomber dans une version édulcorée et enfantine. Cherchant à rendre la cruauté et l'absurdité du monde « merveilleux » dépeint par Lewis Carroll et à restituer le double niveau de lecture d'Alice au Pays des Merveilles nous adressant autant aux enfants qu'à leurs parents.

 

Dans notre désir de clarifier les rapports entre les personnages mais aussi avec l'univers merveilleux, l'accent est mit sur la musicalité et le rythme. Les effets de lumières et l'originalité des costumes traduisent l'onirisme de la pièce.

 

La distribution est limitée à trois comédiennes. Seule Alice ne se transforme pas. Les deux autres comédiennes endossent tous les autres rôles. Cette multiplicité est voulue et accentue la dimension du rêve où une même personne peut endosser plusieurs personnages dans une projection fantasmée.

les décors

Une porte, une souche et quelques arbres pour tout décor, un espace unique est choisi comme terrain de jeu de l'inconscient, permettant au spectateur de se concentrer sur l'action et de plonger au cœur du rêve. La porte sert d'écran permettant la projection d'ombres chinoises, notamment pour la croissance et décroissance magique d'Alice et la présence immatérielle du Chat de Chester. Un tabouret gigogne en trois éléments sert de souche d'arbre et de siège. Cet espace modulable permet sa transformation instantanée telle qu'on la trouve dans les rêves. Les éléments changent de tailles tout au long de la pièce, entraînant le spectateur avec Alice dans ses métamorphoses.